Les pubertés précoces sont de plus en plus fréquentes et l’influence de l’environnement dans leur déclenchement ne fait désormais plus de d...
Les pubertés précoces sont de plus en plus fréquentes et
l’influence de l’environnement dans leur déclenchement ne fait désormais plus
de doute. Le point sur ce phénomène encore trop souvent méconnu.
La puberté précoce : le point sur ce phénomène
Elles ont des corps d’adolescentes alors qu’elles ne sont
encore que des petites filles. La puberté précoce est un phénomène de plus en
plus fréquent qui laisse parents et enfants souvent démunis. « Ma fille cadette
de 8 ans a déjà de la poitrine, cela a commencé il y a déjà quelques mois.
D'autres camarades dans l'école sont dans le même cas », confie cette maman sur
notre page Facebook. « Mon pédiatre m’a dit que ma fille était en surpoids et
que cela pouvait favoriser l'apparition de problèmes hormonaux comme la puberté
précoce, depuis nous essayons de modifier les habitudes de vie de la famille »,
rapporte une autre mère. Selon les spécialistes, la puberté précoce est définie
par le développement des seins avant 8 ans chez la fille et l’augmentation du
volume des testicules avant 9 ans chez le garçon. Elle est plus souvent
constatée chez les filles que chez les petits garçons. Ce phénomène va de pair
avec l'avance de l’âge des premières règles que l’on observe dans tous les pays
industrialisés. Aujourd’hui les adolescentes sont réglées en moyenne vers 12
ans et demi contre 15 ans il y a deux siècles.
Puberté précoce : des causes médicales…
Comment expliquer ce phénomène ? Une cause médicale sérieuse
est retrouvée dans environ 5 % des cas chez les filles et plus fréquemment chez
les garçons (30 à 40 %). Il peut s’agir
d’un kyste, d’une malformation au niveau des ovaires, qui provoquent la puberté
de façon anticipée. Plus grave, une tumeur cérébrale est parfois à l’origine de
ce dérèglement. La puberté se déclenche
en effet suite à la sécrétion d’hormones
par deux glandes située dans le cerveau : l’hypothalamus et l’hypophyse.
Une lésion à ce niveau peut donc bouleverser le processus. Toutes ces causes
médicales justifient impérativement de consulter un pédiatre endocrinologue. Ce
n’est qu’après avoir éliminé ces possibles anomalies que l’on peut conclure à une « puberté précoce
centrale idiopathique », c’est – à -dire
sans cause décelable.
L’impact des perturbateurs endocriniens
La puberté précoce
est dans bon nombre de cas liée à l’influence de facteurs
environnementaux, comme la prise de poids ou les perturbateurs endocriniens
(PEE). Une prise de poids progressive dès le plus jeune âge avec un rebond de
la courbe de corpulence vers 3-4 ans est très souvent responsable de pubertés
précoces chez les filles. La prise de poids entraîne très tôt des modifications
métaboliques et hormonales dans l'organisme qui peuvent perturber le
fonctionnement de nombreux organes. Quant aux perturbateurs endocriniens, leur
impact est de plus en plus suspecté : ces substances libérées dans
l’environnement dérèglent le système hormonal en mimant l’action de certaines
hormones. Il existe différents types de PEE : certains sont d’origine naturelle
comme les phyto-œstrogènes présents dans le soja, mais la majorité sont issus
de l’industrie chimique. Les pesticides et les polluants industriels auxquels
appartient le bisphénol A, désormais banni en France, en font partie. Ces
produits peuvent agir soit en imitant une hormone et en enclenchant son
récepteur, comme par exemple les œstrogènes qui activent la poussée de la
glande mammaire, soit en bloquant l’action d’une hormone naturelle. De
nombreuses études ont relevé une association entre les pubertés précoces chez les filles et l'exposition à certains
PEE, essentiellement les phtalates et les pesticides DDT/DDE. Ils sont
également impliqués dans l'augmentation des malformations génitales du garçon.
Que faire si l’on suspecte une puberté précoce ?
Si votre enfant présente des signes de puberté à un âge
inhabituel, il est important de consulter rapidement un pédiatre ou un pédiatre
endocrinologue. Ce dernier va analyser la courbe de croissance notée dans le
carnet de santé, faire pratiquer une radiographie de la main et du poignet pour
déterminer un âge osseux et, en plus chez la fille, demander une échographie
pelvienne pour mesurer l’utérus et les ovaires. Le spécialiste demandera
éventuellement également un bilan sanguin et une IRM cérébrale afin de confirmer
le diagnostic et préciser la cause. Ces examens permettront d'évaluer les
risques de la précocité et de décider de la prise en charge. Une des
conséquences de la puberté précoce est une petite taille à l’âge adulte, le pic
de croissance ayant eu lieu prématurément. Actuellement, un traitement très
efficace agit directement sur la commande centrale de la puberté (l’hypophyse)
en bloquant son activité et permet ainsi de suspendre l’évolution de la
puberté. Cependant, il est utile de rappeler que la prise en charge de la
puberté précoce se fait réellement au cas par cas. Car, au-delà de l’aspect
physiologique, il y a également la dimension psychologique. La façon dont
l’enfant vit ses transformations physiques et le vécu de la famille doivent
impérativement être pris en compte. Un accompagnement psychologique est parfois
nécessaire pour surmonter ces bouleversements physiques et psychiques précoces



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